La Crémaillère

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A la fin du XIXe siècle, la liaison Monaco – La Turbie n’est assurée que par des sentiers et quelques chemins vicinaux en grande majorité muletiers. Ce réseau, hérité d’une ruralité qui s’éteint, s’avère très insuffisant face à la nouvelle vocation touristique de la région.

En décembre 1893 et janvier 1894, les quatre locomotives à vapeur, les quatre wagons voyageurs et les deux de marchandises arrivent en gare de Monaco, flambant neufs. Ils sont issus des ateliers de la Société alsacienne de construction mécanique de Belfort.

Le 10 février 1894, douze ans après sa conception, la ligne est inaugurée. Dès le lendemain, à 7 heures, elle s’ouvre au trafic régulier et parcourt, en 20 minutes, le trajet de 2,66 kilomètres.

A 400 et 800 mètres du point de départ, les deux stations beausoleilloises, celles de Monte-Carlo supérieur et de la Bordina, rejointes en 3 et 6 minutes à peine, représentent pour les quartiers environnants un désenclavement et une commodité inespérés.

La crémaillère assure au mieux sa mission et maintient la couleur locale, jusqu’en 1932. Un projet d’électrification de la ligne est même évoqué en 1926, puis en 1929.

Le 8 mars 1932, survient le spectaculaire accident au cours duquel plusieurs personnes

trouvent la mort.

Le train en pleine côte, repart en arrière, à une vitesse grandissante que rien, ni personne, ne peut freiner. La locomotive échoue contre le parapet de la crémaillère et au pied de laquelle s’affairent les pompiers de Monaco. Ce drame sonne le glas de son exploitation.

 

L’ACCIDENT !

Tel un capitaine sur son bateau emporté le malheureux mécanicien restera aux commandes de la locomotive. Traversant le heurtoir d’arrêt, le mur sud des quais, elle ira s’écraser 3 mètres plus bas en tuant sur le coup son dernier conducteur

Le 8 mars, le premier train du matin, conduit par Tomaso Vinai et Francesco Tanssini son mécanicien, s’ébranle. Ayant parcouru 162 mètres en pleine côte de 25 %, un fracas de ferraille fait sursauter les 5 voyageurs matinaux qui somnolent à l’intérieur du wagon que pousse, comme d’habitude une des locomotives (la n°1).

Stupeur… Ils repartent en marche arrière à une vitesse s’amplifiant audelà des 7 kms/H de sécurité : 50 à 80 kms/H…

Ni le conducteur éjecté, essayant de manoeuvrer le frein de la voiture, ni le mécanicien resté et serrant au maximum les deux freins à main ne pourront arrêter la machine devenue folle…

Un passager saute avec promptitude, un second hésitant se fracturera le crâne sur un dispositif d’entrée en gare. Les trois derniers iront dérailler, pris dans la voiture-voyageurs, sur un des quais de la gare terminus de Monte-Carlo Beausoleil.

Ils s’en tireront à bon compte, n’ayant seulement que quelques ecchymoses.

Tel un capitaine sur son bateau emporté, le malheureux mécanicien restera aux commandes de la locomotive. Traversant le heurtoir d’arrêt, le mur sud des quais, elle ira s’écraser 3 mètres plus bas en tuant sur le coup son dernier conducteur.