La naissance d’une ville

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C’est, avec la naissance de Monte-Carlo, sur cet immense chantier de plus de cinquante ans – de 1858 date de la pose de la première pierre du casino à 1920 date de l’achèvement de l’Hôtel de Paris – que va naître et prospérer une nouvelle ville, Beausoleil, dont le Carnier, quartier mitoyen de Monte-Carlo, est le berceau.

La genèse de la ville, ou plus exactement le peuplement et l’urbanisation du bas quartier turbiasque du “Carnier” est la résultante de trois évènements majeurs :

  • la création du complexe immobilier de la SBM et de la ville de Monte-Carlo,
  • l’immigration massive de la population piémontaise fuyant la misère,
  • l’amorce et le développement de la spéculation immobilière.

    Le Carnier, là ou tout a commencé

LE GRAND CHANTIER

50 ans de travaux Une forte demande de main d’œuvre

En quelques années, les Spélugues et la Condamine se couvrent de villas et d’immeubles : 170 entre 1868 et 1869.

Les travaux de terrassement financés par la SBM, pour l’installation de la ligne de chemin de fer Nice-Monaco, fin 1866, nécessitent l’excavation de 25 000 m3 de déblais.

L’aménagement et la desserte de Monte-Carlo génèrent une offre d’emploi considérable dans tout le secteur du bâtiment et des travaux publics.

En 1870, la principauté compte 18 hôtels, 116 villas et 80 immeubles,

hébergeant également les riches hivernants. L’ouverture au public de toute cette infrastructure hôtelière et touristique de luxe nécessite un nombre considérable d’employés de service et de maison.

Ainsi, à partir de 1858, Monte-Carlo devient un fabuleux bassin d’emploi orienté vers la construction, les jeux, la restauration et l’hôtellerie.

L’avenue du professeur Langevin, ancienne rue Miramar

Les recruteurs recherchent “ces Piémontais, qui travaillent comme des lions, et mangent comme des oiseaux”.

L’IMMIGRATION PIÉMONTAISE

Boum de la présence Italienne dans le département 1851 : Néant – 1901 : 62545

Parallèlement à ce formidable essor économique et à cette frénésie urbanistique, sévissent, de l’autre côté de la frontière, en Italie, dans la région du Piémont, un sous-développement endémique et une paupérisation dramatique.

En 1884, le choléra sévit dans la province de Cuneo.

Ainsi, poussées par des conditions de vie qui leur permettent à peine de survivre, soumis à la faim et la précarité, des centaines de milliers de piémontais, émigrent en Amérique ou le plus souvent, en France et surtout vers cette terre toute proche que sont les Alpes-

Maritimes.

Dans ce contexte d’exode et de quête d’un emploi qui permette enfin de vivre, l’immense chantier qu’est alors la Principauté et plus particulièrement Monte-Carlo, devient, tout naturellement, une des terres de prédilection des Piémontais auxquels s’ajoute une minorité

de français venue des départements voisins.

Conséquence de ce flux de population qui travaille à Monaco, sans toutefois y loger, s’opère un véritable essor démographique localisé dans les bas quartiers turbiasques. Le Carnier, voisin de Monte-Carlo, jusqu’alors terre de culture et de pâture voit arriver

ses premiers habitants et ériger ses premiers logements.

Une ville est en train de naître.

 

 

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Le Carnier - Le Carnier devient ainsi un vaste bidonville ou les travailleurs s'entassent dans des masures, sans viabilité, ni hygiène.
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