louis bosio  (collection privée de mme gauberti)

 

Louis Bosio (20 juin 1895 à La Turbie - 6 août 1978 à Monaco)

De part et d’autre de la frontière, le nom de Louis Bosio est familier : on le connait comme artiste musicien, membre de l’Orchestre philarmonique de Monte-Carlo, et surtout comme professeur de musique, durant 35 ans, dans nos écoles. Nos anciens se souviennent de la chorale qu’il y fonde. Elle effectue de nombreuses tournées départementales et participe, au titre de « petits chanteurs », aux spectacles lyriques de l’Opéra de Monte-Carlo. Membre du Comité des fêtes de la ville, Louis Bosio compose de multiples œuvres musicales pour animer toutes les festivités locales et, pour n’en citer qu’une, il crée l’hymne du carnaval de Beausoleil, Totoche 1er. Sa longue carrière lui vaut d’être décoré de la Légion d’Honneur en 1972.

On connait cependant moins le « Poilu Bosio ». Louis Bosio est le fils d’Antoine Bosio, bourrelier, et de Thérèse Gauberti, domiciliés à La Turbie. Grâce à Madame Bouillot, née Gauberti, nous le découvrons à travers quelques clichés conservés dans les archives familiales de son père, Emile-François Gauberti, ami de Louis Bosio et de l’ancien maire de Beausoleil, Paul Joseph Chiabaut. Engagé volontaire le 12 novembre 1913, il est incorporé, pour 3 ans, au 57e régiment d’artillerie. Il rejoint l’armée active le 7 août 1914 comme brancardier. A Vauvillers, dans la Somme, le 15 octobre 1916, il est grièvement blessé par un éclat d’obus, à la main, au genou droit, mais surtout au visage. Outre une blessure à la joue avec une « légère défiguration », il subit une « énucléation de l’œil gauche, avec impossibilité d’appliquer une prothèse » et une perte totale de la vue. Une atteinte, moins grave, de l’œil droit entraînera, cependant, une inflammation conjonctivale chronique. Il est hospitalisé, pratiquement sans interruption, du 17 octobre 1916 au 13 février 1918. Invalide de guerre, il reçoit la Médaille militaire le 7 novembre 1916 avec mention « Brancardier très dévoué, blessé grièvement à la position de batterie le 15 octobre 1916-perte totale de l’œil gauche » et la Croix de Guerre avec palme.

 

Le 25 juillet 2000, la municipalité souhaitant honorer sa mémoire, appelle de son nom une des salles de réunion de la cité marchande des Moneghetti.