la grande guerre dans la toponymie urbaine de beausoleil

 

 

 

Rond point Georges Clémenceau

 

Lors de l’assemblée communale du 20 septembre 2006, le Maire déclare avoir été saisi par le Président de la section locale de l’Union Nationale des Combattants (UNC-AFN) d’une proposition de dénomination du carrefour CD51 et CD53. Il s’agit de l’appellation rond-point Georges Clémenceau dont la référence historique à la guerre de 1914-1918 est également celle des rues voisines, avenue de Verdun et boulevard Guynemer. Dans un souci de cohérence, la proposition est adoptée.

 

Ce souhait marque la volonté d’honorer un homme politique français (1841-1929). Médecin, Georges Clémenceau entre en politique au lendemain de la chute du Second Empire (1870). Député radical (1871), il est un fervent partisan du capitaine Dreyfus et publie dans le journal L’Aurore l’article « J’accuse » d’Emile Zola (1898). Sénateur (1902), puis ministre de l’Intérieur et président du Conseil (1906-1909), il crée le ministère du Travail. Appelé à la tête du gouvernement par Poincaré (1917-1919), il se consacre à la poursuite de la guerre. Sa fermeté, qui lui vaut d’être surnommé le « Père la Victoire », restaure la confiance face à l’Allemagne. Il négocie le traité de Versailles (1919) mais est battu, par Deschanel, aux élections présidentielles de 1920. Membre de l’Académie française (1918), il se consacre, au soir de sa vie, à l’écriture (Démosthène 1926, Au soir de la pensée 1927, Grandeurs et Misères d’une victoire 1929).

 

 

 

Boulevard Guynemer

 

Le 26 octobre 1917, lecture est faite du courrier de la section beausoleilloise de la Ligue du Souvenir Français. Sous la signature de son président d’honneur, M. Susini, commissaire de police, et au nom de ces trois cent cinquante membres, elle souhaite que le nom de l’aviateur français, Georges, Marie Guynemer, qui vient d’avoir les honneurs du Panthéon, soit donné au boulevard du Midi (boulevard Général Leclerc).

 

Cet officier, né à Paris en 1894, est un héros de la Grande Guerre au cours de laquelle il totalise cinquante-quatre victoires. Le 11 septembre 1917, il commande la célèbre escadrille des Cigognes lorsqu’il est abattu, en Belgique, au-dessus de Poelkapelle. Sa devise « Faire Face » a été adoptée par l’Ecole de l’Air.

 

Le conseil, « tenant compte des immenses services rendus par le célèbre aviateur dont le nom restera dans l’histoire comme une de nos plus pures gloires françaises », accepte mais, prévoyant les éventuelles réclamations des riverains du boulevard du Midi, adopte la motion quant à l’octroi de ce nom, mais renvoie la question du choix de la rue à la commission des travaux.

 

Deux mois plus tard, le 24 décembre, le maire communique une pétition par laquelle des résidents du quartier du Ténao désirent, eux aussi, donner le nom du capitaine Guynemer « à la route qui, de l’angle de la route du Riviera Palace, après la villa Les Tournesols, relie le centre ville aux quartiers de Fontdivine et de Bestagno. Par sa position élevée, face à des sites magnifiques, elle est appelée à devenir le lieu favori de promenade pour les étrangers. Aussi, le patriotisme des habitants des quartiers qu’elle traverse considérerait comme l’honneur le plus enviable d’avoir le droit de l’appeler dorénavant boulevard Guynemer. »

 

M. Moretta préfère le choix d’une rue plus centrale telle que l’avenue du Casino (avenue Général De Gaulle). Le maire souligne, à nouveau, les réclamations que ces changements pourraient faire surgir de la part des riverains. Les élus décident de répondre au vœu des habitants du Ténao. Le 11 février 1918, ils dénomment « boulevard Guynemer » la partie du chemin vicinal n° 13 comprise entre le tournant du vallon de La Noix et la frontière roquebrunoise

 

 

 

Avenue de Verdun.

 

La bataille de Verdun, du 21 février au 19 décembre 1916, est la plus longue et l'une des batailles les plus dévastatrices de la Première Guerre mondiale et de l'histoire de la guerre.

En 1914, le camp retranché de Verdun joue un rôle stratégique essentiel dans la manœuvre de la Marne. En 1916, le « saillant de Verdun » demeure une position clef du front français. Dans l’espoir de forcer l’armée française à une défense à tout prix, dans laquelle elle s’épuiserait, le général allemand Ench Von Falkenhayn décide une grande offensive sur Verdun. C’est, malgré la résistance victorieuse des Français, commandés par Pétain et Nivelle, la bataille la plus meurtrière du conflit. Elle coûte 362 000 hommes aux Français et 337 000 hommes aux Allemands.

 

Le 24 décembre 1917, M. Moretta souhaite débaptiser une partie du boulevard de la République pour lui donner le nom glorieux de Verdun. Le 21 mai 1920, les élus dénomment « boulevard de Verdun », la portion du boulevard de la République qui de la place du Caroubier (place du commandant Raynal) rejoint le carrefour Guynemer.

 

Le 30 mars 1942, sous réserve de l’approbation préfectorale, c’est tout le boulevard de la République que les élus désirent baptiser « boulevard de Verdun » reprenant ainsi l’ancien tracé du boulevard de La Tour, de Monte-Carlo au carrefour Guynemer. Il semble que ce souhait soit resté sans suite.

 

 

Place du commandant Raynal

 

Eugène, Sylvain Raynal, officier français (Bordeaux 1867 - Boulogne-Billancourt 1939) s’illustre comme chef de bataillon par son héroïque défense du Fort de Vaux pendant la bataille de Verdun en 1916.

 

Ce fort situé à 8 kilomètres de Verdun est pris par les Allemands après trois mois de combats acharnés. Il est défendu par Raynal qui tient jusqu’à la limite de ses forces. Le 9 juin a lieu la reddition des quelques survivants auxquels le Kronprinz accorde les honneurs militaires. Le site est reconquis ensuite par le général Mangin.

 

Le 5 novembre 1929, la ville de Beausoleil reçoit triomphalement le colonel Raynal comme en témoigne le registre des délibérations de la commune :

 

« L’an 1929 et le 5 novembre à onze heures, les membres du conseil municipal, (…) sous la présidence de M. Paul Joseph Chiabaut maire, recevaient avec allégresse et fierté, le colonel Raynal, le glorieux défenseur du Fort de Vaux et tendaient unanimement à ce héros le juste hommage d’admiration et de reconnaissance.

« Le colonel Raynal, président d’honneur de la Fédération nationale des anciens prisonniers de guerre, évadés et otages, était accompagné de M. Audibert président du comité de la Fédération Nationale, de M. Poitevin, député de la Marne, ancien prisonnier de guerre, de M. Catalat président de la Mutuelle des anciens prisonniers de guerre des Alpes-Maritimes et de nombreux prisonniers de guerre : membres du XIème congrès national des anciens prisonniers de guerre, évadés et otages tenu à Nice ce mois de novembre ».

 

Au bas de ces lignes, le colonel Raynal appose sa signature, précédée de la mention suivante : « Avec l’expression de ma reconnaissance à la ville de Beausoleil. Je m’incline respectueusement devant les drapeaux de ses associations d’anciens combattants. »

 

Le 20 janvier 1930, le maire soumet au conseil le vœu des combattants et des anciens prisonniers de guerre tendant à donner à une voie le nom du défenseur du Fort de Vaux. Le conseil municipal approuve et octroie son nom à la place du Caroubier.

                                                                                                                                                                                                                                                                          Collection Privée

 

                                                                                                       

 

 

 

 

 

Avenue Maréchal Foch.

 

Du nom de Ferdinand Foch, Maréchal de France (Tarbes 1851 - Paris 1929). Il commande l’Ecole de guerre (1907). Il se distingue pendant la Première Guerre mondiale à la Marne et dans les Flandres (1914), dirige la bataille de la Somme (1916). Il est nommé Généralissime des forces alliées (1918) et signataire de l’armistice avec l’Allemagne.

 

Ce grand soldat, éminent stratège, fait grand honneur à notre cité lorsqu’il vient, le 31 janvier 1928, inaugurer le Foyer du Poilu sis aux abords de la nouvelle voie qui portera bientôt son nom. La première date qui fait état de l’avenue Maréchal Foch est celle du 9 septembre 1929, lorsque l’assemblée communale évoque son ouverture récente. Son tracé est plus court qu’aujourd’hui. Le 5 avril 1946, l’appellation est étendue à la fois vers l’Est jusqu’à la place du Commandant Raynal et, vers l’Ouest, jusqu’à la place de la Source.

 

Une photo du Maréchal, prise sur le perron de notre mairie par Antoine Millo, correspondant local de L’Eclaireur de Nice, ancien secrétaire général de la mairie, orne un temps le bureau du commandant de l’Ecole nationale de guerre. Le même cliché figure en bonne place au Foyer du Poilu.

 

 

 

 

 

 

 

Collection Privée