le caveau militaire du cimetière

Le 26 septembre 1914, dans un courrier adressé au maire de Beausoleil, Camille Blanc, le Comité de bienfaisance de La Colonie Française à Monaco, se propose d’acquérir un terrain au cimetière communal pour y ensevelir, dans une fosse commune, les soldats morts des suites de leurs blessures dans les hôpitaux de Beausoleil ou de Monte Carlo.

Il se propose également de soutenir, par souscription, toute initiative municipale qui permettrait la construction d’une sépulture décente pour les soldats défunts. Par délibération du 30 septembre 1914, le conseil municipal vote l’agrandissement du cimetière en y réservant un emplacement pour élever un monument aux soldats défunts et opte pour la création d’un véritable caveau suivant toutes les règles de l’art avec cellules en ciment armé et plaques, surmonté d’un monument au lieu d’un simple caveau de 4 murs de clôture. Un terrain est concédé gratuitement et à perpétuité pour recevoir le caveau et le monument que la Colonie Française de Monaco érigera pour recevoir la dépouille et glorifier la mémoire des défenseurs de la patrie  décédés à Beausoleil et à Monaco des suites de leurs blessures. Sur demande du conseil municipal, le caveau accueillera également les Beausoleillois « Morts pour la France » décédés hors du territoire communal ou monégasque. Paul Lajoie, architecte et conseiller municipal, est désigné pour jeter les bases du projet à présenter aux commissions réunies de la Municipalité et de la Colonie Française.

Un marché de travaux est établi entre M. Gendre, vice-président de la Colonie Française et M. Révérend, entrepreneur de travaux publics. Pour la mise en place d’un nouveau mode d’inhumation en caveau, avis est demandé au docteur Ballestra, secrétaire du Conseil Départemental d’hygiène.

 

 

 

 

 

En mai 1915, la construction du caveau est achevée. Le 14 juillet de la même année, une souscription publique est lancée pour la construction du monument commémoratif qui doit surmonter le caveau (délibération du 9 juillet 1915). Il s’agit d’une sculpture allégorique représentant le Coq Gaulois écrasant les emblèmes austro- allemands, symbole à message guerrier et particulièrement revanchard. Souvent représenté sur les monuments commémoratifs, cet animal, typique de la France rurale, propose souvent une position assez statique, parfois juché sur une boule ; le coq beausoleillois est, pour sa part, plein de dynamisme et de triomphalisme.

Tout souscripteur d’une somme supérieure ou égale à 5f reçoit une maquette du monument et en-deçà de 5f est offert « une vue photographique en carte postale ». Ainsi, 468 statuettes du monument sont réalisées dont 296 distribuées et 168 remis au Palais des Beaux Arts à Monaco.

Le sculpteur M. Clément Carré de Nice effectue une sculpture en terre glaise pour un montant de 3.400Fs, les frais de 1.200Fs de substructure du monument étant rattachés au devis du caveau.

Le samedi 22 avril 1916, le Comité de la Colonie Française remet officiellement le monument à la municipalité beausoleilloise en présence des autorités civiles et militaires (délibération du 18 avril 1916). Il sera ensuite entretenu par le Souvenir Français.

Le caveau, où les corps ont été rapatriés pendant et après la guerre, est inauguré en 1921 (source le Petit Niçois du 11 mai 1923). Jusqu’à l’inauguration du Monument aux Morts de l’hôtel de ville le 10 mai 1923, le monument du cimetière est celui où se déroule toutes les cérémonies commémoratives. En 1921, les membres de la commission des travaux admettent, cependant, qu’il reste éloigné du centre ville et ne porte pas les noms des défunts. Le caveau ne recevra ses plaques en marbre qu’en 1924 lors de travaux d’embellissement : se sont celles qui étaient destinées à figurer sur le monument de la mairie mais qui, non conformes au cahier des charges, ont été refusées et finalement, par arrangement amiable, compléteront le mausolée du cimetière.

Le caveau militaire accueille la sépulture de 21 soldats de 14-18. Puis, au cours des autres conflits, d’autres dépouilles rejoindront le caveau.

                                                

  

Paul Lajoie, architecte (1866-1940)

Elève de l’Ecole nationale des Beaux-Arts de Paris (1886). Lauréat du Prix Rougevin (1893) et premier médaillé en composition décorative et modelage en architecture. Il reçoit son diplôme d’architecte en 1895. De 1896 à 1897, il travaille à Zurich auprès de l’architecte Schmidt-Kerez. Il se rend ensuite à Monaco où il rejoint le cabinet de l’architecte François Médecin en qualité de chef d’agence et de premier dessinateur (1897-1900). Concepteur de l’église paroissiale de Beausoleil (1913-1927), il a beaucoup œuvré au sein de notre ville : 1908, nommé vérificateur officiel du premier plan régulateur de Beausoleil, confié en 1905 à l’ingénieur géomètre Henry Teisseire ; 1910, villa Marie-Madeleine (40, 42 boulevard de la République) ; 1913, immeuble sis 1, rue Jules Ferry ; 1915-1916, monument aux morts du cimetière ; 1919, chargé des plans et projets d’extension de la commune (il a déjà réalisé le projet d’extension de la ville de Nice) ; 1927, immeuble du 7 avenue de Verdun… Beausoleillois, il habite 13 boulevard Général Leclerc et siège au conseil municipal de 1912 à 1919.