le monument commémoratif aux italiens

 

En juin 1920, un comité sous le nom de « Comitato Promotore per l’Erezione di un Monumento ai Caduti Italiani » est créé à Beausoleil pour honorer la mémoire des soldats italiens demeurant à Beausoleil et tombés au champ d’honneur. Le Comité demande à la ville de Beausoleil la cession, au cimetière communal, de 4 mètres carrés de terrain à prix réduit. La commune accorde la concession à titre gratuit « attendu que les soldats de l’armée italienne appartiennent à une Nation Alliée qui a pris sa part de gloire en participant à la victoire du Droit sur les forces au service de l’oppression barbare » (rapport de la commission des travaux publics). Le Comité s’acquittera, selon la loi sur le produit des concessions, de la part revenant au Bureau de Bienfaisance, soit 1/3 du montant total c’est-à-dire 333fs33. (Délibération du conseil municipal du 10 juillet 1920). Cependant, après consultation de la commission communale des travaux, l’emplacement définitif choisi se situe, à cette époque, hors de l’enceinte proprement dite du cimetière, à quelques mètres en face du caveau-monument élevé aux Français morts pour la Patrie. Aussi, par délibération du 12 mars 1921, le conseil municipal autorise le maire à signer une autorisation d’occupation permanente à titre gratuit.

 

Une souscription, également autorisée à Monaco par les autorités du pays voisin, est levée pour ériger le monument. En septembre 1920, un premier projet, signé Jacques Mureddu entrepreneur de travaux publics à Monaco, prévoit que le monument sera réalisé en pierre de La Turbie avec une statue en marbre de Carrare représentant l’Italie et un motif de couronnement en bronze. Mais c’est un second projet dressé par l’architecte monégasque Jean Baptiste Chiappori qui sera réalisé, plus sobre, préservant les proportions et la forme d’obélisque du premier projet mais surmonté d’une simple tête de Minerve.  Tout comme le Monument aux Morts de l’hôtel de ville, il s’agit d’un monument assez impersonnel qui figure une allégorie et des symboles guerriers. Seul le paquetage du Poilu renvoie à un soldat mais, de dos et sans visage.

 

Le 8 mai 1922, le Petit Niçois fait état d’une inauguration grandiose la veille. Mais la date mentionnée sur le monument est celle du 30 avril 1922.

En 1937,  le Comité souhaite confier la garde et l’entretien du monument à la section locale du Souvenir Français : l’affaire n’a pas de suite car, de son côté, le Consul d’Italie M. Bafico, n’y est pas favorable.

 

Inscription et dédicace :

-         Sur la face Sud : « Alla memoria sacra dei connazionali caduti per l’onore e la grandezza della patria 1915-1918 » et au-dessous "la colonia italiana di Beausoleil"- ;

-         Sur la face Est : "per pubblica sottoscrizione" suivi des noms de l'architecte et du marbrier;

-         Sur la face Ouest : "inaugurato il XXX aprile MCMXXII- Le Maire Camille BLANC, il Console Generale d'ITALIA, Gd Uff. Vittorio LEBRECHT";

-         Sur chacune des faces, dans quatre écussons, le nom de différentes batailles : "Vittorio Veneto - Piave", "Trentino- Carnia", "Isonzo - Carso", "Bligny-Argonne".

C’est grâce au don de M. Michel Chiappori que nous pouvons vous présenter le projet original de son grand-père. Nous l’en remercions.

 

 

 

 

Jean-Baptiste, Ange Chiappori, architecte (1869-1936)

Giovanni-Battista (francisé Jean-Baptiste, Ange) Chiappori, est né le 27 septembre 1869, à Altare (près de Savone, Italie) et décédé à Monaco en 1936. Il ouvre, en 1890, un cabinet d’architecture à Monaco, ville où il est très actif. Appelé l’architecte de la Condamine, il réalise, parmi beaucoup d’autres, la maison sise 4 boulevard de l’Ouest (4 boulevard Rainier III) qui accueille ses bureaux. S’y succèdent, son fils Pierre (1910-1969), ingénieur architecte, avec lequel il travaille à partir de 1926, puis son petit-fils Michel, ingénieur architecte, conservateur du Palais Princier et grâce auquel cette belle villa demeure le siège du cabinet d’architecture Chiappori. A Beausoleil, au Carnier, mais surtout aux Moneghetti, à l’orée de la future rue des Martyrs, Jean-Baptiste Chiappori est propriétaire de plusieurs parcelles complantées d’oliviers qu’il acquiert en 1905, 1910 et 1912, de Barthélemy Menei.

Architecte de renom, (diplôme d’honneur, croix, insigne et médaille d’or de Paris, 1908, et de Rome, 1909. Grand prix de Londres 1909), il œuvre aussi dans notre ville : Propriété Antoine Lorenzi, (avenue Chiappori /rue des Martyrs, PC 1908). Propriété Filippi (rue Bel Respiro/Pasteur, PC 1909). Propriété Joseph Marsone (Moneghetti, PC 1911 et rue Bellevue, PC 1926). Propriété Auguste Issoir (Quartier Malbousquet, Plan 1913). Propriété A. Jacquin (Ténao, PC 1921). Propriété Angenin (rue des Ecoles/ rue Jules Ferry, PC 1925). Propriété Dominique Nano (chemin Grima, Moneghetti, Plan 1926) Distillerie Faccenda et Cie (rue Bel Respiro/Place des Moneghetti, plan 1926). Propriété Irène Orelli (Quartier Miramar, plan 1927). Propriété Brocart (boulevard de La Tour/ 31 boulevard de la République, plans non datés). Créateur de nombreux monuments funéraires, il réalise au cimetière communal, le monument aux soldats italiens tués durant la première guerre mondiale.

 

 

 

 

 

Don de M. Michel Chiappori